vendredi 24 novembre 2017

Résultats et Enjeux de notre Enquête sur l'Eau, l'Assainissement et la Sécurité Alimentaire

État initial de la ressource en eau, de l'assainissement et de la sécurité alimentaire, propositions et engagements pris par la population  des Villages de Kiendsom et Rapela

 

 Un petit rappel pour commencer : 

 

UN PONT POUR UN PUITS est une association qui appuie les populations défavorisées dans les domaines de l'éducation, de l'accès à l'eau et à l'assainissement, de l'agriculture, de la santé et de l'environnement (développement intégré). 

Actuellement, nous terminons notre troisième projet : Il s'agit d'une enquête/étude qui vise, durant les trois ans à venir, à généraliser à deux villages burkinabés (Kiendsom et Rapela), l'accès à l'eau et à l'assainissement et la sécurité alimentaire.


C'est le prolongement logique de nos deux premiers projets en faveur de l'école du village de Kiendsom menés en partenariat avec L'AMI, Les Eaux Vives, les Collectivités territoriales françaises et Koassanga pour les projets eau, hygiène et assainissement.

 

Nous travaillons en partenariat avec Koassanga qui maîtrise parfaitement le "processus de développement EcoSan (1)" avec utilisation des sous-produits en agriculture dans une approche systémique

 

 (1) "EcoSan" est l'acronyme anglophone de "Ecological Sanitation" ou Assainissement Écologique en Français. Il s'agit de toilettes sèches à deux fosses ventilées avec gestion séparée des fèces et des urines, pour un traitement appelé "hygiénisation" qui les rend propres à l'utilisation en agriculture écologique intensive.

 

Nos actions sont subventionnées par l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, la Région de Bourgogne-Franche-Comté, les départements du Doubs (premier et second projet) et du territoire de Belfort (Tandems solidaires) et la Ville de Besançon.

Nous visons pour Kiendsom et Rapela le statut de Village-Ecole afin de répandre ce puissant moyen de développement.

 

 

Voici le sommaire du développement qui va suivre :  

 

1. Pourquoi cette étude ?

2. Comment cette étude a-t-elle été menée à bien ?

3. Quels sont les principaux résultats de cette étude ?

4. Quelles propositions d'amélioration ont été exposées aux habitants de Kiendsom et Rapéla ?

5. Comment les populations ont-elle accueilli les résultats de l'enquête et les préconisations ?

6. Quels sont les objectifs à atteindre ?/ Comment les atteindre ?

7. Dans quel plan de développement les villages de Kiendsom et Rapéla se sont-ils engagés ?

8. Quelle est, suite à cette étude, notre redevabilité au près des institutions ?

9. En quoi ce plan de développent est original ?

 

Conclusion et remerciements


1. Pourquoi cette étude ?

1.1 Au cours de la réalisation de notre deuxième projet "Hygiène et assainissement pour l'École Primaire de Kiendsom" nous avons rencontré quelques difficultés. L'étude de faisabilité s'était pourtant bien passée et l'accueil des population a été chaleureux et enthousiaste (voir articles précédents).

Les latrines étaient au départ sous-utilisées en raison de réticences des personnels enseignants à utiliser eux aussi les latrines EcoSan et du changement de direction de l'école. Il y a eu un manque de prise en compte de l'adhésion rapide des populations au processus de développement associé et les mesures à prendre ont tardé. Des mesures correctives ont été adoptées en mai 2016 qui ont permis la relance du processus : condamnation des latrines VIP de l'école obligeant l'utilisation du nouveau moyen d'assainissement.



1.2 De toute manière il était préférable de faire un état des lieux initial de la ressource en eau, de l'assainissement et de la sécurité alimentaire. Connaître la situation de départ est le préalable à toute action qui doit être évaluée par la suite. 

Si non, comment mesurer l'impact du projet de développement ?

1.3 Cela nous a laissé le temps de réaliser des champs-test céréalier permettant de comparer de visu et sur leur propre terroir, les résultats de l'agriculture paysanne (épandage occasionnel de fumures animales) et ceux obtenu par l'application méthodique et optimisée des engrais EcoSan, sous-produits des latrines.
Visite d'un champs-test céréalier à Kiendsom le 28 octobre 2017 à l'occasion de la restitution de l'étude/enquête sur l'état initial de la ressource en eau, l'assainissement et la sécurité alimentaire.
Voici l'un des 40 urinoirs construits pour collecter les urines à hygiéniser pour les champs-tests. Tous les urinoirs à construire l'ont été suivant les recommandations de Koassanga, experte Processus EcoSan. Tous sont utilisés convenablement.


2. Comment cette étude a-t-elle été menée à bien ?

2.1. Il a fallu dans un premier temps monter un dossier de demande de subvention suffisamment renseigné, argumenté et convaincant pour les collectivités territoriales (32 pages plus les documents annexes).

Voici la synthèse de la partie "Étude" proprement dite avec quelques éléments financiers :

Nous avons un budget de 32450 €  / 33000 Euros prévus

Participation de la Région : 7500

Participation de l'ADE RMC : 21092 €
Participation de la Ville de Besançon 500 €
Participation UPPUP : 2500 €

Valorisations UPPUP/Partenaires étrangers : 4950 €

2.2 Le questionnaire a dû être conçu avec l'implication de la Direction Provinciale de l'Agriculture (DPA) de l'Oubritenga (Province du Plateau Central dont dépend Koassanga /Ziniaré) et du Namentenga (Province du Centre Nord dont dépendent Kiendsom et Rapéla /Boulsa).


Le formulaire d'enquête a été rédigé à partir du questionnaire, révisé par un statisticien chargé du traitement des données et archivé. Il est nécessaire de s'appuyer sur une expertise officielle afin que les résultats de l'étude soient validés par les autorités.

Des traducteurs diplômés ont dû en suite faire la traduction du Français en Mooré et du Mooré en Français.

2.3 Tous les ménages ont été enquêtés : 141 à Kiendsom (1458 habitants) et 43 à Rapéla (418 habitants).

Il y avait 6 enquêteurs autochtones, accompagnés au besoin d'un interprète, un par quartier, formés au remplissage des formulaires. Il s'agit d'un travail énorme de compilation des données (20 pages par formulaire !) qui nous a fourni les précieux résultats de l'enquête.

2.4 Les données ont été traités par des techniciens et des ingénieurs compétents pour élaborer des préconisations pertinentes pour améliorer la situation et développer le village.

2.5 Ces résultats et préconisations devant être validés par l'ensemble des villageois, l'exposé des résultats de l'enquête et les préconisations a été fait officiellement lors de la restitution publique du samedi 28 octobre 2017 Place du Marché à Kiendsom.
 
L'assistance très nombreuse montre l'intérêt de la population pour le processus de développement EcoSan. En rouge le chef ZAT, en noir, le chef de projet de Koassanga, à sa droite le Président de UPPUP, plus à droite les 6 enquêteurs ou enquêtrices (3 hommes et 3 femmes).

Ces préconisations une fois validées par le conseil du Village débouchent sur un plan d'action qui a été validé par l'assemblée ce même jour !

3. Quels sont les principaux résultats de cette étude ?

 3.1 La situation géographique et démographique de Kiendsom et Rapéla est la suivante :

Étienne Nikiéma Ingénieur agronome et chef ZAT (zone agricole) très impliqué dans le développement de l'agriculture écologique suivant le modèle de Koassanga

Pays : Burkina Faso

Région : Centre Nord

Province : Namentenga 

Commune : Boulsa

Villages :                 Kiendsom                                    Rapéla

Population :            1458 habitants                         418 habitants

Ménages :                 141                                           43

Concessions :              91                                           28

 

 3.2 Résultat de l'enquête sur l'Assainissement, situation et souhait de la population :


3.3 Résultats de l'enquête sur la ressource en eau potable :

PMH signifie Pompe à Motricité Humaine c'est à dire à la force des bras.

AEPS signifie Accès à l'Eau Potable Simplifié c'est à dire Robinet relié à un réseau alimenté par un chateau d'eau ou un réservoir en hauteur

et 3.4 Résultats de l'enquête sur l'autosuffisance alimentaire :

3.5 Résultats de l'enquête sur la sécurité alimentaire :


 3.6 Intermède festif. 

Jusque là c'était facile que du bonus mais c'est après que les choses sérieuses ont commencé : la contre partie de la subvention de l'EcoSan avec les préconisation. 
Les danseurs traditionnels dansent pour nous au son des percussions.

Les danseurs traditionnels dansent pour nous au son des percussions.

Nous allons placer la barre très haut en terme de travail et de changement des représentation de la propriété foncière. 

La tension monte tout l'enjeu est là.

 

4. Quelles propositions d'amélioration ont été exposées aux habitants de Kiendsom et Rapéla ?

 

Après l'exposé des résultats de l'enquête pour approbation, des propositions d'amélioration ont été faites pour être débattues et soumises à la volonté des populations intéressées.

 

4.1 Les forages en panne devront être réparés et d'autres forages effectués. La redevance service de l'eau et la taxe assainissement pour la maintenance des forages sera payée au volume à l'Association des Usagers de l'Eau (AUE) et non plus au coup par coup par une collecte en cas de panne.

 

4.2 Seront construites 141 Latrines sèches écologiques EcoSan. Priorité sera données aux habitants ne disposant d'aucun mode d'assainissement.

 

4.3 Les latrines seront subventionnées pour trois raisons : Les populations vivent dans une extrême pauvreté, un effort colossal d'aménagement des espaces cultivés sera demandé aux habitants pour protéger les sols et la ressource en eau (voir plus loin), troisièmement les deux villages ont vocation à devenir villages-écoles pour diffuser dans la Province et au delà, le processus de développement EcoSan.

4.4 Les ménages devront consacrer trois journées par semaine, durant les mois mois de mars et avril de chaque année sur trois ans à l'aménagement des espaces cultivés : cordons pierreux, haies vives, bandes enherbées sur 20 hectares par an de cultures vivrières (Sorgho, mil, maïs,niebé (haricot), sésame, arachide et 10 hectares par an de "bas fonds" pour la culture du riz pluvial.

4.5 Et, chose impensable au Burkina tant le lien à la propriété est fort :

 

Mise en commun pendant 5 ans des parcelles qualifiées pour l'aménagement collectif des espaces cultivés (30 hectares par an) puis partage au mérite des récoltes produites, suivant leur participation, obligatoire pour tous les ménages voulant s'équiper de latrines EcoSan.

Une de liste de présence sera rempli quotidiennement dans un cahier tenu par un responsable.

 

Cet aménagement de 90 hectares sur trois ans pendant 5 ans correspond au GIFS de Koassanga réalisé sur 5 hectares pendant 5 ans. Il permettra à lui-seul d'arriver à la sécurité alimentaire pour les deux villages sans compter le travail des parcelles non mutualisées.

 

5. Comment les populations ont-elle accueilli les résultats de l'enquête et les préconisations ?

Les habitants de Kiendsom et Rapéla ont validé à l'unanimité les résultats de l'enquête menée par les 6 enquêteurs endogènes (un par quartier de Kiendsom)
 
5.1 Les populations ont accepté le paiement de la taxe au volume d'eau consommé. Le chef de projet a insisté sur ce point, ce à quoi les populations ont répondu qu'ils avaient pris l'habitude de payer l'eau prise à l'A.E.P.S. de l'école (5 FCFA/1centime d'Euros le bidon de 20 Litres ou 50 FCFA/10 centimes d'euros le baril de 200 litre.)

5.2 Les populations ont accepté le travail colossal d'aménagement des espaces cultivés tel que défini par le BuNaSols et le chef Z.A.T. délégué par la direction provinciale de l'Agriculture.


5.3 Les populations ont accepté de mettre en commun les parcelles éligibles à l'aménagement des espaces cultivés. Mais il y a eu un débat un peu houleux à un certain moment.  C'était prévu, signe que la population a bien saisi la nature et la mesure des enjeux : Sur un "puzzle" représentant les parcelles de chaque concession, le chef Z.A.T. a représenté les aménagements anti-érosifs nécessaires respectant les courbes de niveau (horizontalité) et les différentes parcelles cultivées (en damier avec rotation des cultures).

Un propriétaire a protesté : "Je vais tout de même pas accepter que mon voisin ou quelqu'un du village d'à côté vienne cultiver mon champs !?" 

Ce à quoi le chef de projet Koassaga a répondu : "Nous avons fait l'étude dont les résultats vous ont été présentés aujourd'hui et voilà ce que nous vous proposons. Nous ne savons pas faire autrement. Vous cultivez très bien sans nous, vous estimez être en sécurité alimentaire, nous irons proposer nos services à d'autres villages, dans moins de cinq minutes nous auront quitté le village."

Le représentant du chef du village a repris le protestataire en disant : "Qu'est-ce que tu racontes ? Pour une fois que quelqu'un vient nous proposer quelque chose de valable tu vas le faire partir ?" Et les propriétaires terriens se sont rangés à son avis.


Là est intervenu un habitant de Koassanga qui a expliqué : "Moi aussi j'étais comme vous, je refusais que quiconque vienne mettre ses pieds sur mes terres. Mais j'ai compris que mon sol deviendrais plus fertile et que je pourrais retrouver ma propriété après 5 années avec des aménagement durables et très coûteux. Il me suffit à présent de 1/2 hectare pour subvenir aux besoins de ma famille alors que avec un hectare je ne récoltais pas assez."

Après cette réponse, les craintes et les appréhensions se sont dissipées et les tensions se sont apaisées. La révolution, s'est opérée dans le calme : En moins d'une heure, des siècles de représentation de la propriété foncière se sont effondrés ; sans discours moralisateurs, ni jugements de leurs ancêtres, ni humiliations, ni infantilisation mais avec le plus grand respect dû à des populations certes très pauvres mais tout à fait dignes. 

Nous avons simplement proposé un nouveau modèle de développement dont la qualité supérieure a rendu obsolète le modèle précédent .

5.4 La clôture de la cérémonie de restitution a donné lieu à de chaleureuses poignées de main où même le représentant du chef village est venu nous assurer de sa bénédiction. 

Un jeune bélier nous a été offert ainsi qu'un jeune coq par Kiendsom et Rapéla. 

Sachant que le cadeau est à la hauteur de la considération des visiteurs, nous pouvons dire qu'ils étaient contents de notre venue et du projet de développement proposé, dans lequel ils se sont déjà fortement impliqués.

Voici le jeune bélier et le jeune coq qui nous ont été offert par les anciens de Kiendsom et Rapéla.

 

6. Quels sont les objectifs à atteindre ? / Comment les atteindre ?

En trois ans :

  • 100 % des Ménages ont un accès à l'assainissement / 141 latrines EcoSan construites subventionnées
  • 100% des ménages sont à moins de 1 km d'un point d'eau potable / Les 10 forages à PMH (pompes à motricité humaine) sont réhabilités et/ou entretenus et 2 à 5 autres construits.
  • L'accès à l'eau potable est pérennisé / Création et fonctionnement des AUE avec taxe assainissement au volume d'eau consommé pour l'entretien des équipements.
  • Kiendsom et Rapéla sont en sécurité alimentaire / 90 hectares de culture (4% des 20 km² des deux villages) sont équipés d'aménagement anti érosifs protégeant à la fois la ressource en eau et les sols tout en permettant de bénéficier du potentiel offert par les sous-produits EcoSan.

7. Dans quel plan de développement les villages de Kiendsom et Rapéla se sont-ils engagés ?

  •  Acquisition de compétences en gestion et maîtrise de l'eau
  •  Acquisition de compétences et réalisation d'aménagement des espaces cultivés.
  •  Gestion intégrée de la fertilité des sols sur 90 hectares
  •  Formation en développement intégré de la technologie EcoSan
  •  Accession au statut de Village-Ecole pour les deux villages

8. Quelle est, suite à cette étude, notre redevabilité au près des institutions ?

Nous tenons cette étude à disposition des organismes d’État qui nous ont soutenu techniquement et financièrement au Burkina et en France. Cette étude pourra servir de base pour d'autres projets similaires en coopération ou et solidarité internationale.

La restitution de cette étude a eu lieu au Burkina le 28 octobre 2017 entre 10 heures et 14 heures GMT en présence des autorités locales.

Une restitution aura lieu à Besançon et à Dijon devant nos bailleurs.

Cette étude donnera lieu à communication dans les médias régionaux où seront mentionnés nos soutiens.

Un Pont Pour Un Puits présentera devant des élèves des collèges et lycée, ses projets de solidarité internationale dans un but d'éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.

 

9. En quoi ce plan de développent est original ?

  Ce plan de développement implique énormément les populations de plusieurs manières, avec leur total respect et leur consentement :

1. Acceptation du paiement du service de l'eau et de l'assainissement

2. L'assainissement n'est plus son parent pauvre mais il devient le moteur du développement.

3. Les populations se prêtent à un travail colossal d'aménagement parce qu'elles sont motivées.

4. Les représentations sociales et du droit foncier changent, favorisant la paix et l'égalité homme / femme qui évolue vers plus d'autonomie.

5. Nous visons à atteindre des objectifs en terme de préservation de la ressource en eau, de santé, d'éducation et de développement durable en répondant aux attentes et aux préoccupations plus immédiates des populations : la sécurité alimentaire.

6. Les villages de Kiendsom et Rapéla ont vocation à devenir des villages pilotes pour répandre ce puissant moyen de développement.

7. Nous envisageons un partenariat de coopération décentralisée avec les collectivités territoriales et des partenaires privés, avec une réciprocité des échanges internationaux.

 

Conclusion et remerciements

Cette étude qui a mobilisé tant les populations rurales bénéficiaires que les acteurs associatifs ou institutionnels Français et Burkinabés, nous permet d'avoir un état initial de la ressource en eau, de l'assainissement et de la sécurité alimentaire dans deux villages de brousse, Kiendsom et Rapéla.

La motivation des populations pour l'assainissement EcoSan a été vérifiée et s'est exprimée d'une manière forte convaincante par des engagements solennels à payer le sevice de l'eau au volume, à une quantité de travail colossale : 90 hectares équipés de cordons pierreux fait à la main sur trois ans sur des sols ingrats, tassés et souvent peu épais. Enfin ils ont accepté de mutualiser les terres de leurs concessions pour réaliser les aménagements anti-érosifs qui permettent de bénéficier des sous-produits EcoSan

Merci à Koassanga, aux formateurs et aux services du BuNaSols et au chef Z.A.T. de l'Oubritenga, pour leur vitale et très forte implication.

Merci aux collectivités territoriales pour leur soutiens ainsi qu'à tous nos autres partenaires associatifs et institutionnels pour leurs soutien technique, logistique ou financier.

Merci aux habitants de Kiendsom pour leur confiance, leur courage et leur engagement.





lundi 31 juillet 2017

Restitution à Kiendsom de notre projet hygiène et assainissement

Notre projet hygiène et assainissement a été évalué fin octobre 2016 et devait donner lieu à une restitution sur place.

Pour une meilleure appropriation du projet et pour préparer la suite le chef de projet de Koassanga choisit de laisser aux habitants de Kiendsom le soin d'organiser la réunion et la fête.

1. Evaluation du projet eau et assainissement pour l'école :

Entrée à Kiendsom



Salutation des élèves de l'école


Hymne National en français au tableau chanté en Mooré (langue des Mossis, l’ethnie dominante au Burkina) le matin avant la classe avec levé de drapeau du Burkina Faso et à la fin de la classe le soir avec baisse du drapeau (cérémonie des couleurs)


Douche pour l'école (latrines VIP transformées en douche)

Des enfants joyeux au premier plan, au second plan, des mamans viennent chercher de l'eau au point d'eau partagé avec l'école, à l'arrière plan le jardin potager et le bosquet sacré, lieu de la sépulture des ancêtres.

A droite, l'école, à gauche, les deux latrines EcoSan avec les enfants massés autour. C'était le jour de la visite médicale par l’association "les eaux vives" alors les enfants étaient en récréation prolongée. 

Une formation à l'utilisation des latrines EcoSan a été dispensée (voir article précédent) ainsi que pour la gestion et l'utilisation des sous-produits de l'assainissement en agriculture écologique.



2. Restitution à Koassanga :

Des tentes ont été dressées à la demande du chef de projet mais les habitants de Kiendsom ont organisé l'événement comme ils l'entendaient, ils ont même avancé les fonds : la population est motivée à condition d'être partie prenante.


La restitution consiste à bien expliquer les enjeux et le fonctionnement de l'EcoSan et de l'utilisation des sous produits à l'école.


L'étude de faisabilité de la généralisation de l'EcoSan à l'ensemble du village a également été annoncée à cette occasion. Tous les ménages seront enquêtés pour avoir un état des lieux initial de la gestion de l'eau et de l'assainissement au village.


Les femmes sont également présente à la restitution et ont voix au chapitre. Les projets eau et assainissement renforcent l'égalité entre homme et femmes. 

Chacun trouve son avantage dans l'EcoSan : Fertilisants pour l'agriculture pour les hommes ; confort, santé et sécurité pour les femmes.

Les danseurs traditionnels font l'animation et sont très appréciés. Il dansent et jouent des percussions, les colliers servent aussi d'instruments de musique : ils font un bruit de maracas au rythme de la danse.


Les femmes dansent aussi dans une sorte de joute avec leur corps.


A leur tour les enfants prennent part aux festivités.

Un espace maraîcher avait été aménagé avec une pompe à motricité humaine à peu près au même moment que notre projet eau. Mais les porteurs de projet n'ont pas proposé de formations et les techniciens de l'agriculture de Boulsa n'ont pas pris la peine de se déplacer pour leur enseigner les précautions d'usage ni les dosages des pesticides. 

Les formateurs de Koassanga leur donneront une formation à l'agriculture écologique intensive avec l'utilisation des engrais EcoSan et des répulsifs naturel plutôt que des pesticides.


On peut voir que les différentes ethnies et groupes religieux s'entendent bien et comprennent l'avantage de travailler ensemble sans conflit ni rivalités. Le projet a aussi un impact social important. Les représentations changent, notamment la notion de propriété et de droit du sol : la mise en commun de parcelles est à prévoir pour la gestion intégrées de la fertilité des sols,la rotation des cultures, etc.




Les latrines de l'école sont visitées : un problème d'évacuation de l'urine est à résoudre.

Un cailloux bouche la canalisation, une baguette de bois suffira à résoudre le problème.

 




dimanche 30 juillet 2017

Nouvelles de l'école de Kiendsom

Alliance Missionnaire Internationale-Burkina

Nouvelle de l’école de Kiendsom [ en 2015/2016 Mieux vaut tard que jamais ]
par Elie ROAMBA responsable de la communication et du parrainage à l’AMI-B


Après environ quatre mois de rupture d’eau du forage à Kiendsom, hommes,
femmes, enfants et surtout les élèves ont compris qu’il faut utiliser
judicieusement l’eau, il ne faut pas la gaspiller.

L’autre pompe ne pouvait pas satisfaire tout le village et les élèves pour leur
boisson et arroser aussi le jardin. Pendant ces périodes le jardin a manqué
ses visiteurs quotidiens, les arbres toujours et abondamment arrosés étaient
oubliés.
L’ingénieur Ouédraogo Maxime et ses deux
collaborateurs à kiendsom pour la réparation
de la pompe financée par
l’association « UN PONT UN PUITS »

Le jardin pendant la panne du forage


Des oignons encore dans le jardin de l’école de Kiendsom
 
Le jardin de l’école de Kiendsom commence à revivre

Les latrines ECOSAN sont prêtes à l’école de Kiendsom.

Des élèves bénéficiaires, leur professeur et le formateur ECOSAN.

Formés par Olivier de Kossanga pour un bon usage, les élèves
disent MERCI àl’association « UNPONT UN PUITS »,porteuse de ce projet.

Les parents d’élèves de Kiendsom donnent le bon modèle à leurs enfants en
nettoyant les alentours du jardin

Les enfants d’abord !!! Oui à l’école de kiendsom nous pouvons étudier sans nous soucier de quoi manger après les cours grâce à Agnès Marcaggi et ses Amis de l’association « les eaux vives » !!!


La cantine sert un repas gratuit chaque jour pour les enfants scolarisés parce que : « Quand un enfant a faim la société a mal et la joie s’enfuit des familles »

Note importante : Un partenariat multiple permet le développement de l’école et garantit une action durable et de qualité au service de la Nation burkinabée.

Le projet réalisé « De l’eau et un potager pour l’école primaire de Kiendsom » en 2014 et le projet 2015 en cours d’achèvement « Hygiène et assainissement pour l’école primaire de Kiendsom » ont été porté par l’association
UN PONT POUR UN PUITS ; avec les appuis financiers et techniques de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, de la région Bourgogne-Franche-Comté, du département du Doubs, de la Ville de Besançon et de l’association Koassanga.

L’association « LES EAUX VIVES » finance la cantine et le parrainage et réalise une visite médicale annuelle. Des membres de cette association ont financé une part importante de l'école et le projet eau a été conçu initialement par elle.

L’A.M.I. qui gère l’école est reconnue par l’Etat burkinabé et son président a été décoré le 03 janvier 2015 de la médaille de chevalier de l'Ordre national du Burkina Faso.

jeudi 3 novembre 2016

l'EcoSan plus fort avec la GIFS !

Parcelle de Sorgho blanc (mil) cultivée en Zaï (petites cuvettes), notez la disparition du Striga (plante parasite), la conservation des arbres (agroforesterie) et les haies d'Anthropogon (graminées)
Quelques mots de rappel pour celles et ceux qui prennent notre train en route.

Un pont pour un puits (UPPUP) a porté un projet eau et un projet hygiène et assainissement en faveur de l'école primaire du village de Kiendsom à 8 km à l'Est de Boulsa au Burkina Faso en Afrique.

A l'occasion de notre voyage d'évaluation d'octobre/novembre 2016 nous avons visité les parcelle "GIFS" à Koassanga qui nous appuie pour l'assainissement et l'utilisation des sous-produits des latrines en agriculture écologique.

C'est une utopie qui devient réalité grâce aux compétences réunies du Chef de projet, de Gisèle TAPSOBA du ministère de la sécurité alimentaire, de TAMANI Soharé,  ingénieur et de OUATTARA T. Guillaume technicien au BuNaSols (Bureau National des Sols) sans oublier la confiance, le courage et la collaboration essentielle des villageois de Koassanga impliqués dans le projet qui change leur vie.

Nous sommes soutenus financièrement par l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, par la Région Bourgogne-Franche-Comté, par les département du Doubs (2014 et 2015) et du Territoire de Belfort (Tandems solidaires 2016) et par la Ville de Besançon.

Nous parlons ici à la fois d'assainissement, d'agriculture, de santé, d'économie, d'écologie et de société : Comme un système d'engrenages ces domaines sont envisagés dans un système qui évolue au cours d'un processus de développement que nous appellerons le "processus EcoSan".

L'EcoSan, c'est l'assainissement écologique : Ce sont des toilettes sèches ou latrines à double fosse où les urines et les fèces sont traités séparément :

  • 6 mois de dessiccation dans les fosses pour les fèces  
  • 35 jours de fermentation en bidon pour les urines. 

On garantit ainsi la destruction totale des germes microbiens causes de maladies.

Après ce délais suffisant, les sous-produits sont utilisables en agriculture écologique intensive et permettent de rétablir efficacement le cycle naturel entre l'Homme et la Terre sans risque pour sa santé.

Les avantages des engrais EcoSan sont les suivants :

  • Leur obtention a permis de protéger la ressource en eau et d'éviter de nombreuses contaminations et maladie diarrhéiques.
  • Pas de difficultés de vidanges comme dans les VIP (latrines à une seule fosse ventilée qu'on doit vidanger quand elles sont pleines)
  • Pas de pollution en aval comme dans le tout à l'égout ou les "puits perdus"
  • Les engrais EcoSan sont gratuits après le délais d'amortissement des latrines (3 à 4 ans)
  • La fertilité des sol est rétablie durablement contrairement aux engrais chimiques qui dégradent le sol et l'environnement.
  • La fertilité du sol augmente durablement et les performances des engrais EcoSan dépasse celle des intrants chimiques.
  • Les sols dégradés peuvent être restaurés par l'emploi de ces engrais associés à de la fumure organique.
  • Le changement climatique a des effets marqués sur la production agricole dite "conventionnelle" (labourage profonds, engrais chimiques, et pesticides). Les cultures avec les pratiques EcoSan montrent une bien meilleure résilience : l'amendement des sols par enfouissement change leur structure physique, ce qui leur permet de mieux absorber et stocker l'eau de pluie. Cela compense les aléas des précipitations qui peuvent d'une année sur l'autre devenir rares, excessives, irrégulières ou violentes.
Toutefois cette méthode qui semble idéale se heurte souvent à la réalité du terrain :

Il existe de nombreux types de sols qui réagissent différemment aux fertilisants d'une part. D'autre part la géométrie du terrain joue beaucoup : un terrain en pente doit être aménagé pour éviter l'érosion et la fuite des précieux fertilisants !

D'où la "GIFS" : Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols.


Une récolte exceptionnelle de Niébé a été faite ici
La GIFS consiste à mettre en commun des parcelles cultivées pour réaliser des aménagements collectifs du terrain, la rotation des cultures et un travail collectif, ce que ne permet pas un découpage par propriétaire ni un travail individuel :

La récolte de Sorgho rouge (mil) est superbe
    Romaric, excellent cultivateur et expérimentateur, nous fait visiter une parcelle de Soja réussie en agroforesterie
  • Les cordons pierreux (diguettes), les haies vives, les bandes enherbées, les demi-lunes, le zaï, le reboisement ne peuvent être pratiqués que collectivement sur des surfaces conséquentes pour avoir un impact.
  • Le labourage, lorsqu'il est nécessaire se fait suivant les courbes de niveau. 
  • Le riz pluvial a été pénalisé par la saison des pluies 2016 irrégulière , les autres productions compenseront le travail ingrat de cette parcelle.
  • Le choix des espèces et des variétés cultivées tiennent compte du type de sol rencontré.
  • La rotation des cultures est optimisée ce qui limite les attaques des insectes, fléaux de la monoculture. (idéalement Céréale, Légumineuse, Culture maraîchère ou fourragère).
  • Les cultures sont diversifiées pour tenir compte des aléas climatiques : Il y a mutualisation du risque et rétribution au mérite des participants : quelque soit le régime des pluies au moins les 2/3 des cultures réussiront, ceux qui auront bien travaillé mais peu récolté seront rétribués par ceux qui auront beaucoup produit.
  •  La dispositions des parcelles est choisie de manière à éviter que deux cultures identiques ne voisinent : Cela constitue un obstacle à la contamination par  les ravageurs spécifiques de telle ou telle culture.
  • Chaque participant choisi l'une ou l'autre des cultures possibles : Sorgho rouge ou blanc, Petit mil, Niébé (haricot), Pois de terre, soja, riz pluvial, sésame, etc. à l'emplacement optimal.

La GIFS est la dernière étape du processus de développement EcoSan. 

C'est le fruits d'innombrables échanges entre institutions (Ministères de la sécurité alimentaire, de l'agriculture, de l'assainissement, etc), chef de projet, Techniciens du BuNaSols et populations intéressées et d'incalculables heures de pratiques fructueuses... ou pas, de débats houleux ou de discussions enjouées.

Ce qui n'était qu'une utopie irréalisable il y a trois ans est devenu une réalité de terrain à Koassanga par l'implication des populations : Si vous demandez aux villageois qui ont essayé la GIFS ce qu'ils en pense ils vous répondront "Adopté !".
La GIFS, c'est ce que nous voulons proposer à terme à la centaine de familles des villages de Kiendsom et Rapéla de la commune de Boulsa.


Coût d'une latrine familiale EcoSan solide : 300 Euros affaire à suivre.

En conclusion : Nous développons un partenariat avec l'Association Koassanga qui maîtrise parfaitement le processus de développement de la technologie EcoSan dans une approche systémique :

  1. par l'application raisonnée des sous produits des latrines (urines et fèces hygiénisés),
  2. l'emploi dense et l'enfouissement de la matière organique pour améliorer la structure physique du sol : augmentation de la capacité de pénétration et de rétention des eaux pluviales et des engrais azotés.
  3. le travail du sol suivant les courbes de niveau, la collectivisation VOLONTAIRE de parcelles pour les champs-tests,
  4. la plantation de haies vives en graminées (Anthropogon), Épineux et légumineuses vivaces ou espèces répulsives,
  5. les aménagements de cordons pierreux, la culture en zai et demi-lune pour éviter l'érosion, le lessivage des sols et la migration des engrais EcoSan dans les réseaux pluviaux.
  6. l'alternance des cultures optimisée (céréale pluviales après légumineuse pluviales puis maraîchage de contre-saison),
  7. la répartition en damiers des cultures pour dérouter les ravageurs spécifiques,
  8. l'utilisation de répulsifs naturels à la place des pesticides (graines de Neem, piment etc.),
  9. l'organisation d'équipes aptes à la sensibilisation, à la formation et par son ouverture à l'expérimentation,
  10. la mise en place de business plans pour l'acquisition  de latrines sèches à crédit (300 euros, remboursés par la vente des sous produits en 3 ou 4 ans maxi !),
  11. le recours à des maçon-formateurs locaux expérimentés,
  12. l'exigence des demandes aux populations : apport personnel en nature et travail, respect des quantité et des délais, sanction en cas de non respect : ajournement de la candidature,
  13. l'implication des populations locales dans leur développement : agricole, hygiénique, de l'assainissement, économique, de la santé, environnemental et social.
  14. des réunions de concertation (causeries) demandant l'adhésion des populations avant toute mise en place de projet,
  15. l'application rigoureuse du processus EcoSan défini par le chef de projet, en concertation avec le BuNaSols et avec les autorités compétentes en matière d'agriculture, de sécurité alimentaire, de gestion de l'eau et d'assainissement, les populations locales, etc.
  16. la protection des prédateurs des ravageurs de récoltes (chauves-souris prédatrices de papillons)
  17. l'implication des autorités locales et gouvernementales en méthodologie, respect des normes et compte-rendus,
  18. la priorité mise sur la sécurité alimentaire (l'agriculture vivrière : céréales, niébé, etc.) plutôt que sur les cultures "d'exportation - vente" (maraîchage de contre-saison, etc) qui peuvent rapidement avoir un impact social négatif,
  19. l'implication des femmes et la valorisation du statut féminin,
  20. etc.
Ce processus complexe (le manquement à une étape compromet l'ensemble) et fragile (il demande l'adhésion et la persévérance des populations locales) mené rigoureusement permet :
  1. de limiter les impacts des aléas climatiques sur les ressources alimentaires,
  2. de limiter la dégradation des sols par les techniques dites "conventionnelles, et par là l'impact de l'agriculture sur l'environnement,
  3. d'aménager des espaces naturels favorables à la préservation des sols,
  4. de doubler, tripler ou plus les rendements comparativement à l'agriculture paysanne, et, même de dépasser les performance des pratiques vulgarisées (engrais chimiques et pesticides),
  5. de limiter l'impact financier des fluctuations du prix du marché des intrants (pesticides et engrais) et des productions céréalières ou maraîchère (la spéculation génère de la pauvreté),
  6. de parvenir dans un délais raisonnable de 2 à 3 ans à la sécurité alimentaire,
  7. de préserver l'environnement et protéger les espèces utiles puis les espèces sauvages,
  8. de restaurer des sols en état de dégradation très avancée, en cours de désertification,
  9. d'améliorer à tous points de vue les conditions d'existence des populations et les amener à se prendre en charge,
  10. d'avoir un impact positif mesurable sur une surface de l'ordre de 3 à 10 hectares.
  11. d'étendre et de diffuser des pratiques optimisées avec les meilleures chances de réussite,
  12. etc.

Elle a fait ses preuve et a été évalué par une ONG allemande qui lutte contre l'avancée du désert ( NB : échec de la "barrière verte")  1ère en matière d'efficience contre la désertification : les sols dégradés sont rétablis en un temps record de 2 à 3 ans par la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols : l'EcoSan plus fort avec la GIFS !